Justice inclusive au Niger : le projet JIN lancé pour renforcer l’accès à la justice des femmes et des jeunes


Le projet « Justice Inclusive au Niger : Autonomisation Juridique des Femmes et Harmonisation des Pratiques Coutumières » (JIN) a été officiellement lancé mardi 19 août 2026 à Niamey, lors d’une cérémonie tenue à l’hôtel Radisson. Mis en œuvre par l’Institut de La Haye pour l’Innovation de la Justice (HiiL), dans le cadre du Programme Paix et Cohésion Sociale financé par la Coopération suisse et avec l’appui du Royaume des Pays-Bas, le projet entend contribuer à un accès plus équitable à la justice, notamment pour les femmes et les jeunes.
La cérémonie, placée sous le haut patronage du Ministère de la Justice, des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, a réuni des représentants des institutions publiques, de la chefferie traditionnelle, de l’Agence Nationale de l’Assistance Juridique et Judiciaire (ANAJJ), de la Coopération suisse, des partenaires techniques et financiers et de la société civile. Cette mobilisation traduit la volonté de renforcer la complémentarité entre les mécanismes de justice coutumière et le système judiciaire formel, dans le respect des lois de la République et des droits fondamentaux.

Les données issues de l’enquête nationale sur les besoins de justice (JNS 2024) mettent en évidence l’importance des autorités traditionnelles dans le règlement des différends. Plus de six Nigériens sur dix confrontés à un problème de justice se tournent d’abord vers leur famille ou les autorités traditionnelles. Les conflits fonciers représentent par ailleurs plus d’un tiers des différends recensés. L’enquête révèle également des difficultés particulières pour les femmes : 41 % déclarent ne pas connaître leurs droits civils, tandis que certaines renoncent à engager une démarche judiciaire par crainte de l’échec ou de la stigmatisation.

Face à ces réalités, le projet JIN vise notamment à renforcer les capacités des chefs traditionnels en matière de conciliation, de droits humains, d’équité de genre, de gouvernance locale et de gestion des questions foncières. Il prévoit également la création d’un centre de formation dédié aux autorités coutumières, l’institutionnalisation d’un Forum biennal de la chefferie traditionnelle et la valorisation des pratiques coutumières favorables à l’inclusion des femmes.
Le projet accorde également une place importante à la participation des femmes et des jeunes à la gouvernance sécuritaire et à l’accès à la justice. Il prévoit, entre autres, un appui à l’ANAJJ pour améliorer l’offre de services de justice ainsi qu’une nouvelle enquête communautaire sensible au genre et alignée sur l’Agenda « Femmes, Paix et Sécurité ».

À travers cette initiative, les partenaires entendent ainsi consolider les acquis du Programme d’Innovation de la Justice au Niger, engagé depuis 2022, et promouvoir une approche de la justice davantage centrée sur les besoins exprimés par les populations. L’objectif est de rapprocher les différents acteurs de la chaîne de justice et de favoriser des mécanismes accessibles, inclusifs et respectueux des droits fondamentaux.
Cofinancé à hauteur de 54 % par le Royaume des Pays-Bas et de 46 % par la Coopération suisse, le projet JIN s’inscrit sur une période de quatre ans. Son succès sera notamment évalué à travers l’amélioration de la confiance des populations dans les mécanismes de justice, le renforcement de l’accès des femmes et des jeunes à leurs droits et la capacité des institutions et autorités traditionnelles à mieux travailler ensemble pour prévenir les conflits et contribuer à la consolidation de la paix au Niger.







