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Ouragan

Électricité au Niger : Entre discours et délestages

Électricité au Niger :  Entre discours et délestages

Ce week-end, sur le plateau de l’émission Parlons Vrai diffusée sur AFO Médias, le ministre des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a lâché une bombe verbale :« Au moment du coup d’État de juillet 2023, le Niger importait 71 % de son électricité du Nigeria.

Aujourd’hui, le Niger est autonome. Pas un seul kilowatt ne provient de l’extérieur. »Une déclaration qui, à première écoute, flatte la fibre patriotique. Mais à y regarder de plus près, elle résonne surtout comme une déconnexion brutale… de la réalité.

Une autonomie proclamée, mais invisible Depuis la rupture énergétique avec le Nigeria, le Niger a dû improviser : relance de centrales thermiques, projets solaires accélérés, partenariats avec l’Algérie et le Maroc… Les efforts sont réels. Mais de là à parler d’autonomie ? Il faut oser.

Dans les quartiers de Niamey comme dans les zones rurales, les délestages sont quotidiens. Les groupes électrogènes tournent à plein régime, les panneaux solaires reprennent du service, et les commerçants perdent des marchandises faute de froid, Même dans les structures de santé, les délestages posent des défis, notamment pour la conservation des médicaments sensibles et la continuité des soins. Si c’est cela l’autonomie, alors elle a un goût bien amer. Quand la communication devient provocation

Ce genre de déclaration n’est pas seulement inexacte. Elle est dangereuse. Elle nie les souffrances quotidiennes des Nigériens, elle efface les réalités du terrain, elle transforme un défi national en slogan creux.

Depuis des mois, les nigériens, dans leur écrasante majorité, font preuve d’une résilience admirable. Ils supportent les coupures, adaptent leur quotidien, improvisent des solutions. Mais cette période de grâce ne durera pas éternellement. À force de promesses non tenues et de discours déconnectés, la patience s’effrite, et la confiance s’érode.L’autonomie énergétique est un objectif légitime. Mais la proclamer atteinte alors que les ampoules s’éteignent encore chaque soir, c’est insulter l’intelligence collective.Ce n’est pas un discours de vérité, c’est un court-circuit de la confiance publique. Les Nigériens ont besoin d’énergie, certes. Mais surtout de vérité.