Contentieux avec Orano : le Niger mise sur l’équivalence calorifique pour réévaluer le prix de son uranium


Dans le cadre du contentieux qui l’oppose au groupe français Orano, l’État du Niger engage une nouvelle stratégie de défense fondée sur une approche innovante de valorisation de l’uranium naturel.
Le lundi 19 janvier 2026, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, M. Alio Daouda, a procédé à l’installation officielle d’un comité d’experts pluridisciplinaire chargé d’étudier la thèse dite de l’équivalence calorifique.
La cérémonie s’est tenue au siège du ministère de la Justice. Créé par l’arrêté n°00328/MJ/DH/GS/CRI/SG du 13 novembre 2025, ce comité a pour mission d’analyser la pertinence scientifique, économique et juridique de cette thèse, envisagée comme méthode alternative de détermination du juste prix de l’uranium nigérien.
Dans son allocution, le ministre a rappelé que l’uranium constitue depuis plusieurs décennies un pilier stratégique de l’économie nigérienne et un élément central de partenariats internationaux majeurs. Toutefois, a-t-il souligné, l’évolution du droit international, des sciences de l’énergie et des marchés mondiaux impose aujourd’hui une relecture critique des mécanismes traditionnels de fixation des prix, afin qu’ils reflètent la valeur réelle de la ressource exploitée.
La thèse de l’équivalence calorifique repose sur une approche novatrice consistant à considérer l’uranium non seulement comme une matière première minière, mais également comme une source d’énergie stratégique, comparable aux hydrocarbures et autres ressources énergétiques majeures. Cette méthode vise à établir une correspondance entre le potentiel énergétique de l’uranium et celui d’autres sources d’énergie, afin d’en déduire une valorisation plus équitable.
Selon le ministre Alio Daouda, le comité devra notamment : évaluer la validité scientifique et économique de cette thèse appliquée à l’uranium nigérien ; apprécier sa compatibilité avec les contrats en vigueur et les pratiques internationales ; analyser les données relatives aux coûts de l’énergie nucléaire en France ainsi que l’évolution des prix de l’uranium depuis 1971 ; proposer des stratégies de revendication des écarts financiers issus de l’exploitation ; et élaborer des argumentaires juridiques susceptibles d’être utilisés dans les procédures contentieuses et arbitrales internationales.
Insistant sur l’importance de la mission confiée aux experts, le ministre a appelé à des travaux menés avec indépendance, objectivité et excellence, dans l’intérêt exclusif de l’État du Niger.
À travers cette initiative, les autorités nigériennes affichent clairement leur volonté de défendre les intérêts nationaux à l’aide d’arguments techniquement fondés, juridiquement solides et internationalement audibles, à la hauteur des enjeux stratégiques liés à l’exploitation des ressources naturelles du pays.






