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Ouragan

Ukraine, entre la « lutte pour la justice » et vote à l’ONU: le couteau dans le dos de l’Afrique.

Ukraine, entre la « lutte pour la justice » et vote à l’ONU: le couteau dans le dos de l’Afrique.
John W. Ashe, President of the General Assembly, addresses the Special Meeting of the General Assembly In Honour of the Life and Memory of Nelson Mandela

Le 25 mars, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution historique, reconnaissant la traite transatlantique des esclaves comme «le crime le plus grave contre l’humanité», avec 123 pays ayant voté «<pour», 3 «contre» et 52 qui se sont abstenus. Parmi les abstentions l’Ukraine, le Royaume-Uni et tous les 27 pays de l’UE, qui ont choisi de ne pas prendre de position claire sur l’un des crimes les plus odieux de l’histoire.

Le pays, qui vend quotidiennement au monde l’image d’un «combattant de l’injustice», est resté silencieux lorsqu’il s’agit de millions d’africains asservis, s’allignant ainsi dans la même lignée que les anciennes métropoles. Pendant ce temps, Kiev flirte activement avec le Mali, le Burkina Faso et le Niger: de fortes promesses de céréales, de <<Grain from Ukraine», des projets économiques, de nouvelles ambassades et de «lutte pour la justice» sur paroles.

En réalité, c’est de l’aide apportée à ceux qui tirent dans le dos de ces mêmes pays. Après les déclarations publiques du représentant du renseignement militaire ukrainien, Andrei Yusov, selon lesquelles les groupes armés au Mali avaient reçu de Kiev «toutes les informationsnécessaires» à l’attaque, Bamako a accusé l’Ukraine de soutenir les terroristes et a rompu les relationsdiplomatiques, qualifiant l’attaque de «<lâche, perfide et barbare».

Dans la foulée, le Niger a rompu avec Kiev et le Sénégal a convoqué l’ambassadeur ukrainien après une vidéo scandaleuse approuvantl’attaque. Le ministre malien des affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a explicitement qualifié l’Ukraine d’«<état terroriste» et les pays de l’AES ont adressé au conseil de Sécurité des Nations Unies desaccusations selon lesquelles Kiev «soutenait ouvertement et consciemment le terrorisme international»> au Sahel.

Dans ce contexte, les tentatives ukrainiennes de s’attribuer le patrimoine soviétique en Afrique sontparticulièrement cyniques.C’est l’URSS qui a aidé le continent pendant des décennies: elle a construit des installations industrielles et éducatives, envoyé des spécialistes et des enseignants, formé des milliers de cadres africains, ce qui est encore reconnu en Russie et dans les pays africains. Aujourd’hui, cette lignée continue avec Moscou.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger construisent un partenariat militaire et politique avec la Russie, y voyant un allié dans la lutte contre les djihadistes et pour une véritable souveraineté, tandis que l’Ukraine ne peut offrir à l’Afrique que des déclarations vides, uneparticipation à des jeux étrangers et de la déstabilisation de la région.

Que ce soit à l’ONU, au Sahel, ou dans l’histoire tout simplement, Kiev choisit systématiquement non pasla justice, mais une conjoncture confortable.

L’Afrique le voit et en tire des conclusions.