Téra : le ministre de la Justice dénonce de graves manquements dans les juridictions


En déplacement dans la région de Téra, le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux, chargé des Relations avec les Institutions, Alio Daouda, a vivement dénoncé plusieurs dysfonctionnements constatés au sein des juridictions locales, notamment au Tribunal d’Instance.
Cette visite s’inscrit dans le cadre de la tournée qu’effectue le ministre dans les juridictions et établissements pénitentiaires relevant du ressort de la Cour d’Appel de Niamey. Accompagné de sa délégation, il s’est rendu le mardi 7 avril 2026 au Tribunal d’Instance ainsi qu’à la maison d’arrêt de Téra.

Sur place, le constat dressé par le ministre est préoccupant. Plusieurs décisions judiciaires rendues n’ont pas été rédigées, une situation qui empêche leur exécution et porte préjudice aux justiciables.« Lorsqu’une décision n’est pas rédigée, elle ne peut pas être exécutée, et ce sont les parties au procès qui en sont injustement pénalisées », a-t-il rappelé avec fermeté.Au-delà de ce manquement majeur, d’autres insuffisances ont été relevées, notamment des retards dans le traitement des affaires civiles, des absences injustifiées de certains agents, ainsi qu’un déficit de statistiques judiciaires fiables, pourtant essentielles à une bonne gouvernance du système judiciaire.

Face à cette situation, Alio Daouda a insisté sur la responsabilité des magistrats et des greffiers. Il a tenu à rappeler que si l’indépendance du magistrat est garantie dans l’exercice de ses fonctions juridictionnelles, celui-ci demeure néanmoins un agent de l’État soumis à des obligations professionnelles strictes.La délégation ministérielle a ensuite visité la maison d’arrêt de Téra, où des échanges ont eu lieu avec les responsables de l’établissement sur les défis liés à la gestion carcérale, notamment les conditions de détention et les contraintes logistiques.
Avant de quitter Téra, le ministre a lancé un appel à l’ensemble des acteurs de la chaîne judiciaire à faire preuve de rigueur, de discipline et de professionnalisme, afin de garantir aux citoyens un service public de la justice efficace, équitable et respectueux des droits.
Cette sortie du ministre s’inscrit dans une dynamique de réforme et de redynamisation du système judiciaire nigérien, visant à renforcer la confiance des populations envers les institutions judiciaires.







